La visite de Marie

La visite de Marie. Dans le texte de cette semaine, Marie se rend chez sa cousine Elisabeth, elle aussi enceinte, pour essayer de mieux comprendre ce qui lui arrive. Explications du théologien Antoine Nouis.

19.12.2021 : Luc 1.39-45 – Le Magnificat

La visite de Marie

Introduction

En ces jours-là, Marie partit en hâte… Le texte qui précède est l’annonce à Marie qui a eu lieu au 6e mois de la grossesse d’Élisabeth (v.26). Marie est restée chez sa cousine pendant 3 mois (v.56), jusqu’à la naissance de Jean.

Quand l’ange s’est révélé à elle, il lui a appris que sa cousine Élisabeth, la stérile, attendait aussi un enfant. Puisque l’ange a associé les deux naissances, c’est tout naturellement que Marie se rend chez sa cousine pour essayer de mieux comprendre ce qui lui arrive. En plus cette dernière a l’avantage d’habiter vers la région montagneuse.

Dans l’évangile la montagne est un lieu retiré où Dieu se révèle. Jésus est monté sur la montagne pour prier ; dans l’évangile de Matthieu, il y a délivré le sermon qui résume son enseignement ; et c’est sur une montagne qu’il a été transfiguré.

Une autre interprétation, plus pragmatique, est qu’Élisabeth est maintenant dans son sixième mois de grossesse (v.26). Comme elle est âgée, sa jeune cousine est venue habiter chez elle pour lui porter de l’aide.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

Titre : Marie et Élisabeth

Le premier chapitre de l’évangile de Luc souligne le lien entre Élisabeth et Marie, ce sont deux cousines, elles sont toutes les deux enceintes d’une grossesse inattendue car la première est trop âgée et stérile, et la seconde trop jeune et vierge. Elles ont besoin d’intimité et de discrétion pour vivre leur maternité à l’abri des regards et des commentaires des voisins.

C’est dans ce lieu caché que l’évangile prend naissance. Dans l’épître aux Colossiens, Paul a écrit : Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu (Col 3.3).

Titre : La bénédiction de Marie

Lorsque Élisabeth voit Marie, elle dit : Bénie sois-tu entre les femmes. On peut aussi traduire Bénie sois-tu pour toutes les femmes. On ne peut s’empêcher de souligner la dimension féministe de ce passage. Dans l’évangile de Luc, Zacharie n’a pas cru la parole et Joseph est absent, c’est par Marie et Élisabeth que l’histoire entre Dieu et les humains franchit une étape nouvelle.

Pistes d’actualisation

1er thème :  Élisabeth et Marie, Jean et Jésus

Lorsque Marie a salué sa cousine, le texte dit que l’enfant tressaillit dans son ventre. Le ministère de Jean commence in utero, dès le ventre de sa mère, il désigne le Christ, ce qui sera le signe de sa vocation.

L’ange avait annoncé à Zacharie à propos de Jean : il sera rempli d’Esprit saint depuis le ventre de sa mère (Lc 1.15). C’est par l’Esprit qu’il tressaille et qu’il communique à sa mère la situation de Marie et que le fruit de ses entrailles est source de bénédiction.

2e thème : La reconnaissance d’Élisabeth

C’est par l’Esprit qu’Élisabeth sait que les entrailles de sa cousine sont bénies et qu’elle rend grâce. Son attitude joue sur les deux sens du mot reconnaissance : elle reconnaît que Marie est la mère du Seigneur (reconnaissance comme identification) et elle est dans l’action de grâce gratitude pour ce qu’elle a reconnu (reconnaissance comme gratitude).

Nous trouvons dans ce verset une définition de l’Esprit : il est celui qui permet de voir la marque du Seigneur dans ce qu’on a sous les yeux.

3e thème : La béatitude de Marie

Élisabeth dit à propos de sa jeune cousine : Heureuse celle qui a cru, car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira, ce qui souligne la différence avec Zacharie qui n’a pas cru que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira. La comparaison souligne la foi de Marie.

Selon cette béatitude, la foi consiste à laisser une place aux promesses de Dieu pour leur permettre de se réaliser par nous. Comme le dit l’épître aux Hébreux : La foi est l’assurance des choses qu’on espère (Hé 11.1).

Une illustration

Selon Karl Barth, la rencontre de Marie et Élisabeth, la jeune fille et la vieille femme, est une préfiguration de L’Église : « L’Église est là, là où deux personnes insignifiantes, deux simples femmes, sont liées étroitement, unies dans l’espérance qui, par la parole de Dieu, est entrée dans leur cœur. Dans cette espérance, celui qu’elles espèrent est déjà présent. » Il y a Église lorsque deux tout petits fidèles se retrouvent au nom du Christ.

Pour aller plus loin :
Le pasteur Antoine Nouis reçoit Christine Pedotti, écrivain, journaliste et directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, pour discuter du texte biblique de Luc 1, 39-45. : https://campusprotestant.com/video/marie-rend-visite-a-elisabeth/

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis

Vous pourriez aimer aussi