L’amour comme définition du disciple

Jésus vient de laver les pieds de ses disciples. Après avoir posé ce signe, il leur annonce sa mort à venir et leur laisse son un testament spirituel dans lequel il récapitule le cœur de son enseignement. Explications du théologien Antoine Nouis.

15.05.2022 : Jean 13.31-35 – Le plus grand amour

L’amour comme définition du disciple

Introduction

Jésus vient de laver les pieds de ses disciples. Après avoir posé ce signe, il leur annonce sa mort à venir et leur laisse son un testament spirituel dans lequel il récapitule le cœur de son enseignement. Ce testament qui couvre la deuxième moitié du chapitre 13 et les chapitres 14, 15 et 16 commence par le grand commandement de l’évangile.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

Maintenant, le Fils de l’homme a été glorifié

Maintenant, l’adverbe renvoie à ce qui précède et qui… le lavement des pieds. C’est en lavant les pieds de ses disciples que le Fils de l’homme est glorifié.

La gloire dans le vocabulaire biblique correspond à l’identité la plus profonde d’une personne, son poids. La gloire du Fils de l’homme, c’est qu’il s’agenouille devant ses disciples. Dans ce geste, il accomplit le message de son évangile qui dit que les maîtres sont les serviteurs et que les grands sont ceux qui savent être petits.

Là où je vais, vous ne pouvez pas venir

Jésus va être crucifié et il sera seul. Luther a dit à plusieurs reprises qu’on est seul à croire comme on est seul à mourir.

Mais la phrase va plus loin. Parce que Jésus a été crucifié, nous n’avons pas besoin de l’être. L’épître aux Hébreux qui interprète la mort de Jésus dans les catégories sacrificielles dit que la mort de Jésus correspond à la fin des sacrifices. Jésus est mort pour que nous puissions vivre.

Pistes d’actualisation

1er thème : Je vous donne un commandement nouveau

L’amour peut-il se commander ? S’il se commande est-ce encore de l’amour ?

Le commandement d’aimer son prochain se trouve dans le livre du Lévitique qui appelle à aimer son prochain comme soi-même. Le contexte du chapitre du Lévitique montre que l’amour est à comprendre dans le sens du respect et de la justice. Les versets qui précèdent disent : Tu n’opprimeras pas ton prochain, tu ne commettras aucune spoliation. La paye d’un salarié ne passera pas la nuit chez toi jusqu’au lendemain. Tu ne maudiras pas un sourd et tu ne mettras devant un aveugle aucun obstacle qui puisse le faire trébucher… Tu ne détesteras pas ton frère dans ton cœur…Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Dans cette compréhension, l’amour se confond avec la justice, mais Jésus apporte une signification nouvelle.

2e thème : Aimez-vous comme je vous ai aimé

Comme je vous ai aimé. Jésus vient de laver les pieds de ses disciples et leur a ordonné de l’imiter. Dans l’évangile, aimer son prochain, ce n’est pas seulement être juste avec lui, c’est devenir son serviteur. Se faire petit devant lui pour l’aider à grandir.

L’amour du prochain s’enracine dans l’amour du Christ. Le théologien orthodoxe Dumitru Staniloae a écrit : « Tant que je ne suis pas aimé, je reste incompréhensible à moi-même. »

Jésus ne dit pas : « Aimez-moi comme je vous ai aimés », mais : « Aimez-vous comme je vous ai aimés. » L’amour n’est pas un commerce : « Comme je t’aime, tu dois m’aimer », mais une circulation : « Comme je t’aime, aime ton prochain. »

3e thème : Tous reconnaîtront que vous être mes disciples

La question du témoignage est fréquente dans les Églises : Comment rendre compte de notre foi ? La réponse de ce verset est limpide : le premier lieu de témoignage est la vie au sein de la communauté. Je regarde mon Église et je m’interroge : Est-ce qu’elle témoigne de l’amour de Dieu ? Je peux élargir la question à ma propre vie : De quoi est-ce qu’elle témoigne ?

C’est à chacun de se laisser interpeller par ce verset.

Une illustration : Le jugement de Salomon

L’amour comme clef de lecture de la vie du disciple. Nous en trouvons une illustration dans un des passages les plus connus du Premier Testament, le jugement de Salomon.

L’histoire est la suivante : deux femmes se disputent car elles ont eu un enfant en même temps et l’un des deux est mort. Chacune prétend que le vivant est le sien. Le roi propose de le couper en deux et de donner une moitié de l’enfant à chaque femme. L’une accepte et pas l’autre. Le roi de conclure : « C’est la seconde qui dit la vérité, car c’est elle qui aime le plus. »

L’amour comme critère de discernement.

Pour aller plus loin :
Le pasteur Antoine Nouis reçoit Christine Pedotti, écrivain, journaliste et directrice de la rédaction de Témoignage Chrétien, pour discuter de Jean 13, 31-35 : https://campusprotestant.com/video/que-contient-le-testament-spirituel-de-jesus/

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis

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