Les vrais et les faux signes

Le miracle peut parfois être donné au commencement d’une histoire spirituelle, mais une foi adulte ne peut pas reposer dessus.
 8 min
26/07/2021 | Bible

01.08.2021 : Jean 6.24-35 – Le boulanger du ciel

Les vrais et les faux signes

Introduction

La semaine dernière, nous avons lu la multiplication des pains au début de ce chapitre 6 et nous nous sommes arrêtés sur le verset qui dit que certains ont voulu se saisir de Jésus pour le faire roi, mais que ce dernier s’est retiré, seul dans la montagne.

Dans la nuit, les disciples traversent le lac sur un bateau et Jésus les rejoint en marchant sur l’eau. Lorsque la foule apprend que Jésus a traversé le lac, des hommes font de même pour le suivre. Leur rencontre permet à Jésus de tenir son discours sur le pain de vie qui parcourt toute la suite du chapitre.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

Titre : Le signe du pain

Notre texte joue sur la tension entre le pain que la foule a mangé lorsqu’elle avait faim et que Jésus a nourri avec cinq pains d’orge et deux poissons, et le pain qui vient du ciel. Le propre de la démarche spirituelle est de voir l’enseignement que l’on peut tirer des événements de la vie.

En français, on dit qu’on gagne son pain, mais la démarche de foi consiste à poser un regard spirituel sur le pain qu’on gagne.

Titre : La nourriture qui vient du ciel

Le verset fait le lien avec la manne : il leur donna à manger du pain venu du ciel. C’est une citation de deux Psaumes qui font une relecture de l’exode qui est au fondement de l’histoire, de l’éthique et de la foi du judaïsme (Ps 78.24, 105.40). Ces deux Psaumes jouent sur l’opposition entre les signes posés par le Seigneur et les infidélités du peuple. Cette tension traverse ce chapitre de l’évangile de Jean qui nous interroge sur notre propre fidélité.

Pistes d’actualisation

1er thème : Quiproquo sur la traversée

Le soir, les hommes ont laissé Jésus sur la montagne et le lendemain, il est de l’autre côté du lac. La foule se demande comment il a traversé, elle ne peut s’imaginer qu’il a marché sur les eaux. Jésus ne répond pas à leur question, mais dévoile ce qu’ils ont dans le cœur : « vous mes cherchez parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasié. » On retrouve toute l’ambiguïté des foules qui est une quête de miracles.

Les hommes courent derrière Jésus à la recherche de miraculeux alors que le cœur de l’Évangile est la proclamation d’une foi qui ne nous fait pas sortir de notre humanité, mais qui nous ramène au cœur de notre existence la plus matérielle.

2e thème : Le vrai sens du signe

Le chemin que doit parcourir la foule est symbolisé par l’opposition entre deux événements. La veille au soir, la foule est prête à faire de Jésus son roi à la vue du signe de la multiplication des pains (v.14-15), et le lendemain elle lui dit : « Quel signe produis-tu donc, toi, pour que nous voyions et que nous te croyions ? » (v.30)

Le propre d’un signe est qu’il désigne autre chose que lui-même. La multiplication des pains ne dit pas que nous devons envoyer tous les boulangers au chômage, elle est le signe que Jésus est le pain de vie.

3e thème : L’œuvre de Dieu

Le verset 29 dit que l’œuvre de Dieu, c’est que nous mettions notre foi en celui qu’il a envoyé, la personne de Jésus. L’œuvre de Dieu, la démarche de foi, c’est de tout considérer à partir de la personne du Christ.

On peut voir dans le pain un mélange, d’eau, de farine, de sel et de levure, on peut aussi y voir le signe d’un Dieu qui prend soin de nous dans toutes les dimensions de notre personne.

Une illustration : De la bonne compréhension du miracle

Les hommes ont traversé le lac parce qu’ils ont assisté à un vrai miracle, la multiplication des pains. Jésus les fait passer d’un désir de miracle à un cheminement plus profond et l’intériorisation de la parole.

Le miracle peut parfois être donné au commencement d’une histoire spirituelle, mais une foi adulte ne peut pas reposer dessus. Wesley a écrit à propos des manifestations miraculeuses : « J’ai souvent observé que ces symptômes se manifestent plus ou moins au commencement des grands réveils… mais au bout de quelque temps, ces phénomènes diminuent et l’œuvre se poursuit dans le calme et le silence. Ceux qu’il plaît à Dieu d’employer dans son œuvre doivent être absolument passifs à cet égard ; ce n’est pas à eux, mais à Dieu, de choisir les conditions dans lesquelles s’accomplit son œuvre. »

Pour aller plus loin :
Le théologien Antoine Nouis reçoit Florence Taubmann, pasteure, pour commenter le texte biblique de Jean 6, 24-35 : https://campusprotestant.com/video/le-pain-du-ciel/

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis

 

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