L’incrédulité des habitants de Nazareth

Les habitants de Nazareth sont dans un premier temps impressionnés par les propos de Jésus, mais très vite ils s’interrogent sur sa personne.
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28/06/2021 | Bible

04.07.2021 : Marc 6.1-6 – La prédication de Jésus à Nazareth

L’incrédulité des habitants de Nazareth

Introduction

Nous sommes à un moment de l’évangile où Jésus vient de guérir un démoniaque en terre étrangère, une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans et la fille d’un chef religieux. À l’heure où son ministère se déploie et connaît un certain succès, il retourne dans la ville où il a grandi pour saluer les siens.

Les habitants de Nazareth sont dans un premier temps impressionnés par ses propos, mais très vite ils s’interrogent sur sa personne : ils le connaissent trop bien pour recevoir ses paroles avec des oreilles disponibles.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

Jésus en itinérance

Les premiers versets de notre séquence disent : Parti de là, il vient dans son pays. Ils soulignent que Jésus est en permanence en itinérance. Il ne rentre pas dans son pays pour s’y installer, mais il est de passage. Un verset de l’évangile de Luc évoque cette itinérance lorsque Jésus déclare : « Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où poser sa tête. » (Lc 9.58)

L’itinérance de Jésus s’oppose dans ce récit à l’immobilité des habitants de Nazareth qui sont enracinés dans leur terroir. Les racines nourrissent, mais les racines immobilisent, ce qui les empêche de voir en Jésus autre chose que l’enfant qui a grandi au milieu d’eux et l’artisan qui travaillait pour eux.

Les habitants de son pays s’opposent ici aux disciples qui, eux, marchent à la suite de Jésus.

L’enseignement dans la synagogue

Une belle coutume qu’on trouve dans la Bible consiste à donner la parole à un étranger de passage dans une ville. Une façon de dire : « Toi qui viens de loin, as-tu une parole pour nous, des fois que le Seigneur aurait un message à nous adresser par ton intermédiaire ? » Paul bénéficiera de cette hospitalité de la parole dans ses voyages et il en profitera pour annoncer l’Évangile dans les synagogues.

Jésus n’est pas un étranger dans son pays, mais les hommes sont curieux de l’écouter.

Pistes d’actualisation

1er thème : Nul n’est prophète dans son pays

Jésus a du mal à être reconnu par les habitants de son village, de même qu’il n’a pas été reconnu par ses frères et sœurs qui ont cherché à le ramener à la maison.

Parce qu’ils le connaissaient trop bien, parce qu’ils étaient du même sang que lui, ils ont été incapables d’entendre ses paroles. Dans les familles, il y a deux types de liens, les liens du sang qui unissent les proches parce qu’ils appartiennent à la même histoire, et les liens de la parole qui unissent des hommes et des femmes qui ont des histoires différentes. Jésus a déclaré que ses frères et sœurs sont ceux qui écoutent sa parole. Ici, ce sont plus les disciples que ceux avec qui il a grandi.

2e thème : Une occasion de chute

Non seulement les habitants de la ville de Jésus n’ont pas entendu ses paroles, mais il a été pour eux une occasion de chute, parce qu’ils ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas entendu l’Évangile.

Il est étonnant d’entendre que la parole de Jésus puisse être une cause de chute. Les habitants de Nazareth chutent parce qu’ils restent à la surface de ce qui est dit et qu’ils s’interrogent sur celui qui parle au lieu de se laisser interpeller par ce qui est dit.

La bonne façon de ne pas chuter est d’être toujours prêt à entendre une parole pour nous. Quand on entre dans une cérémonie religieuse, toujours se dire : « Aujourd’hui, le Seigneur a une parole pour moi : saurais-je l’entendre ? »

3e thème : Parole pour l’Église d’aujourd’hui

Pour éviter que ce texte ne soit pour nous aussi une cause de chute, nous devons nous interroger sur notre propre écoute. Dans ce récit, notre place est dans la synagogue de Nazareth. Trop souvent, nous sommes tellement installés dans notre foi que nous ne sommes plus prêts à entendre l’Évangile comme une parole nouvelle, une parole pour notre vie de ce jour.

Nous sommes appelés à ne pas être comme les habitants du pays de Jésus, à nous garder des ravages de l’habitude, à lutter contre la dégradation de l’étonnement, à toujours accueillir l’évangile comme une parole nouvelle, comme une parole qui est aujourd’hui la parole la plus importante prononcée sur notre histoire.

Une illustration : L’ambiguïté des miracles

Une des raisons de l’échec de la prédication de Jésus est le rapport aux miracles. Les auditeurs se demandent comment il peut faire des miracles, et le texte se conclut en disant que Jésus ne pouvait faire là aucun miracle, sinon qu’il guérit quelques malades.

Les guérisons de l’évangile ont été un frein dans son ministère, car elles ont conduit les hommes à se focaliser sur le surnaturel et à se détourner de la Parole. Dans l’évangile de Jean, beaucoup d’hommes ont mis leur foi en Jésus à cause des signes qu’il posait, mais le texte précise qu’il « ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous » (Jn 2.25). Jésus sait qu’une foi qui repose sur le miracle est une foi fragile.

Pour aller plus loin :
Le théologien Antoine Nouis reçoit Florence Taubmann, pasteure, pour commenter le texte biblique de Marc 6, 1-6 : https://campusprotestant.com/video/jesus-de-nazareth/

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis

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